© 2020 Nicolas d'Estais

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Démâtage


La saison était pourtant bien partie : un chantier sans mauvaise surprise, un bateau tout neuf, une mise à l’eau dans les temps, un planning d’entraînement calé, un rythme de fonctionnement trouvé, des débuts très encourageants sur l’eau lors des premières sorties ; et surtout je commençais à reprendre confiance dans le bateau après la casse du mât qui était survenue en fin de saison dernière à la Rochelle.

C’était sans compter l’incident d’hier. Pendant un entraînement en solitaire le mât s’est brisé en trois morceaux. Le vent soufflait à 20-25 nœuds par le Nord et le bateau faisait route sous spi medium à environ 12 nœuds. Dans une rafale plus forte que les autres, la jonction entre le mât et la bastaque (câble textile qui retient le mât vers l’arrière) a cédé et le mât s’est rompu au niveau du premier étage de barres de flèche dans un grand craquement signature des fibres de carbone.

(Image d'archive)

Pendant une poignée de secondes je n’ai pu qu’attendre de voir ce qui allait se passer. Le haut du mât ainsi que les voiles (la Grand-Voile, le Solent et le Spi medium) sont tombés à l’eau sous le vent. Le tronçon supérieur du mât s’est ensuite recassé en deux, probablement en faisant levier sur l’outrigger du bout-dehors sous le vent. Le spi chalutant dans l’eau a fait sauter le bout dehors de son axe de rotation à l’avant du bateau et il a lui aussi fini par dessus-bord. Sur le pont, des portions de haubans cassés accompagnés de morceaux de barres de flèches se balancaient au rythme des vagues.

J’attrape ma VHF portable qui nous sert à communiquer avec notre entraîneur

« - Tanguy, Tanguy pour Nico

- Ouais Nico, j’ai vu. J’arrive… »

J’ai d’abord ramassé ma Grand-Voile toute neuve. Par chance la ralingue s’est décollée du mât dans le démâtage, ce qui a épargné la voile car elle flottait relativement tranquillement dans l’eau, uniquement retenue par sa drisse. Les morceaux de ralingue en carbone, coupants et bourrés d’échardes, n’ont, par contre, pas du tout épargné mes mains...

J’ai ensuite libéré et récupéré le bout-dehors et Tanguy a pu ramener le spi blanc tout neuf à bord de son zodiac. J’ai également libéré et rangé l’étai en Dyneema et le Solent tout trempé en vrac à l’intérieur du bateau. Les morceaux de mâts étaient toujours reliés entre eux par les drisses qui servent à hisser les voiles, donc je n’ai pas pu les mettre à plat le pont, je me suis contenté de sécuriser le troisième tronçon en espérant que le morceau intermédiaire reste à peu près à sa place, en diagonale.

Tanguy m’a ensuite pris en remorque et nous avons tranquillement rejoint le port de Lorient. A l’arrivée au ponton, les camarades d’entraînements et des amis sont tout de suite venus m’aider à nettoyer le bateau et préparer sa sortie de l’eau. Une nouvelle démonstration du super esprit d’entraide qui règne au sein de la Classe Mini.

Ce matin j’ai sorti le bateau de l’eau et entamé la procédure administrative liée à l’assurance du bateau. Je ne sais pas encore quel est le nouveau planning mais je compte bien trouver au plus vite un mât pour mon bateau afin de retourner naviguer le plus rapidement possible… Plus de news très rapidement !

Je tiens à remercier Tanguy Leglatin qui, en plus de sa casquette réputée d’entraîneur fait un très bon sauveteur en mer !

Merci à Clément, Frédéric, Olivier, Arnaud, Edouard, Mathilde, Amaury, Pyero, Youn, Vincent et Gildas pour leur aide à mon arrivée au ponton.

Un grand merci également à tous ceux qui m’ont envoyé des messages de soutien ou m'ont appelé depuis hier après midi. Ca fait chaud au cœur et donne envie de revenir au plus vite !