630 – 8e de la Pornichet Select 6.50 2015


Lundi 20 avril à 4h 28m 45s du matin, au terme d'un jour et demi de course, le 630 et moi avons bouclé le parcours de la Pornichet Select 6.50 (300 milles en solitaire) à la 8eme place après une navigation « express » à plus de 8 nœuds de moyenne ! Un résultat très encourageant pour ma première course en solitaire.

« Faites attention à préparer vos bosses de ris et sachez bien gréer vos voiles de tempêtes au cas où » nous avait conseillé David Raison, le vainqueur de la Mini Transat 2011, la veille du départ. Le ton était donné.

La course s’annonçait ventée (20 à 30 nœuds) et avec mon mât fraîchement installé sur le bateau dont le gréement neuf risquait de se détendre en navigation j’étais loin d’être le skipper le plus serein du ponton le matin du départ. Pour ma première course en solitaire, la boule au ventre était bien présente. Me résignant à oublier tout objectif sportif et surtout très fatigué par les deux semaines précédentes passées à préparer le mât, son gréement et le bateau je partais en mode « convoyage » avec pour seul objectif de finir la course et ainsi boucler ma qualification à la Mini Transat.

Photo Christophe Breschi "Gueules de Briefing"

Le départ fut donné samedi à 14h dans des conditions plus faibles que prévues (environ 15 nœuds). Après un départ derrière tout le monde (involontaire, je précise quand même), je franchis la bouée de dégagement en milieu de flotte et envoie mon plus petit spi, me forçant à coller à la stratégie de départ qui était de ne prendre aucun risque - le vent devait quand même monter. Cela m’a en fait plutôt réussi car ma prudence m’a permis d’économiser un changement de voile à la sortie de la baie de Pornichet. J’ai pu ainsi recoller avec d'autres prototypes en tête de flotte sur un bord de spi légèrement lofé pour rejoindre la première marque de parcours

Chaud devant !

(Photo Christophe Breschi)

Après une descente au portant dans la baie de Quiberon où j’ai progressivement envoyé des spis de plus en plus grands car le vent mollissait nous avons atteint le plateau des Birvideaux. Nous avons mis le clignotant à gauche et entamé la course de vitesse vers les Sables d’Olonne et retour.

Le vent était remonté en force et soufflait désormais à environ 25 noeuds. Peu de choix stratégiques à faire en terme de route à suivre ou bien de choix de voile car le vent était trop fort pour envoyer un gennaker. Il suffisait d’aller tout droit et surtout le plus vite possible sous deux voiles : c’est donc ce que je me suis appliqué à faire toute la nuit !

Reaching (n.m) : Allure entre le près et le travers caractérisée par une progression très véloce et face à la vague résultant en une humidité ambiante saturée et une navigation peu confortable.

A cette allure de « reaching » les minis 6.50 vont très vite (en l’occurrence entre 8 et 13 nœuds) et la vie à bord est rythmée par le choc de nos petits bateaux dans les vagues. A chaque cycle c’est la même musique : contact soudain entre l’étrave et la vague, envol de la vague au dessus du pont, balayage par l’embrun de tout ce qui est sur son passage à une vitesse sensiblement égale à la vitesse de déplacement du bateau, mouvement de la tête du skipper pour que la vague frappe l’arrière ou le dessus de sa capuche plutôt qu’en pleine face, reprise de la trajectoire du bateau en attendant la prochaine vague. A la tombée de la nuit la machine était tellement bien rodée que je savais quand tourner la tête même sans voir les embruns dans l’obscurité !

A cette allure le pilote automatique barre quasiment aussi bien que le skipper et face à l’hostilité des éléments extérieurs il a été décidé qu’il y avait peu de raisons de ne pas en profiter pour faire le plein d’énergie en mangeant bien et en prenant le temps de faire des siestes. J’ai d’ailleurs pu mettre en application ce que nous avons appris en formation avec le Dr Rémy Hurdiel, spécialiste du sommeil. Le saviez-vous ? Pour ne pas avoir du mal à se réveiller et pour être opérationnel dès la sonnerie du réveil il éviter de se plonger dans un cycle de sommeil profond et donc limiter la durée des siestes à 15 minutes maximum!

Après du « reaching » pour descendre aux Sables d’Olonne, ce fut du « reaching » pour remonter à Groix. La seule chose qui a changé fut le côté où on tourne la tête après le choc dans la vague, puisque le vent qui venait auparavant de la gauche venait désormais de la droite.

Ma trace en bleu : on voit les bords très tendus entre

Groix, Belle-Ile, l'Ile d'Yeu et les Sables d'Olonne.

Dans une course « tout droit » comme celle ci (une « drag race », en Français) l’absence de choix stratégiques fait que l’ordre des bateaux évolue peu : j’ai conservé le même classement à l’aller et au retour. Heureusement j’étais au contact avec Ian Lipinski sur son Ofcet 6.50 tout neuf, ce qui nous a motivés tous les deux jusqu’à l’arrivée !

Après le tour de Groix, il m’est passé devant car il a réussi à tenir son Gennaker une bonne partie du tronçon Groix – Quiberon. Heureusement j’ai réussi à le doubler in-extremis juste avant l’arrivée, après qu’il ait dû virer deux fois entre le sud du plateau de Four et l’entrée de la baie de Pornichet alors que je suis passé sur un seul bord de près. Il passe la ligne exactement trois minutes après moi !

"Pas de bière sans arrivée, pas d'arrivée sans bière"

En bouclant la course j’engrange 300 milles supplémentaires en course ce qui me fait atteindre les 1000 milles nécessaires pour pouvoir prendre le départ de la Mini Transat. Sauf pépin technique, j’ai donc désormais ma place sur la ligne de départ, ce qui est déjà une victoire en soi.

Ma place de huitième me donne entière satisfaction également puisque j’ai malgré tout pas mal levé le pied et été très conservateur dans mes choix de voiles tout au long de la course. J’étais le plus jeune marin en proto et je finis derrière et devant des skippers bien plus expérimentés que moi. J’ajouterai aussi que chacun des bateaux devant moi sont plus récents que le mien mais cela ne m’empêche pas de vous dire que je compte bien en mettre certains derrière moi la prochaine fois !

Classement Prototype

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1 - 865 - CULTISOL - BEAUDART DAVY 1j.08:12:05

2 - 800 - CANOPUS - DENIS FREDERIC 1j.08:52:12

3 - 802 - WWW.LA COLLOC.COM - BOUYSSOU CLEMENT 1j.09:00:20

4 - 716 - WWW.AXELTREHIN.COM - TREHIN AXEL 1j.11:30:45

5 - 753 - WILD SIDE - BERRY Luke 1j.12:17:15

6 - 754 - MORISSEAU CONSULTING - MORISSEAU LAURENT 1j.12:18:45

7 - 759 - WWW.ROMAINMOUCHEL.COM - MOUCHEL ROMAIN 1j.13:35:50

8 - 630 - WWW.NICOLASDESTAIS.COM - D'ESTAIS Nicolas 1j.14:28:45

9 - 866 - ENTREPRISE(S) INNOVANTE(S) - LIPINSKI IAN 1j.14:31:45 (futur série)

10 - 871 - MINI-MOI - HANTZPERG BENOIT 1j.15:22:50 (futur série)

11 - 629 - ZIGONESHI - JEHL OLIVIER 1j.17:34:43

12 - 624 - ESPRIT LARGE - AVRIL GILLES 1j.18:50:22

13 - 868 - ALTERNATIVE SAILING - TAILLARD OLIVIER 1j.19:23:15 (futur série)

14 - 741 - GO APE! - CURWEN NIKKI 1j.21:38:03

15 - 879 - TOUS AU LARGE - BOURDAIS MATHIEU 2j.00:16:55 (futur série)

DNF - 391 - SOLIDOR TEAM SAILING - MATACZYNSKI GEOFFREY abandon

DNF - 817 - HYDESAILS - VOGELENZANG SANDER abandon


© 2020 Nicolas d'Estais

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