© 2020 Nicolas d'Estais

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Mini Fastnet - Nicolas et Quentin hissent le 630 à la 5e place


L’objectif fixé avec Quentin était simple : endosser le rôle des petits jeunes - 22 et 23 ans - qui agacent les ténors du circuit. Les consignes : s’accrocher, ne rien lâcher, faire avancer le bateau et guetter les bons coups stratégiques à faire. Partis à l’assaut du Fastnet dimanche dernier, nous avons navigué à vue avec la tête de course pendant toute la montée vers le rocher irlandais. Au terme de quatre jours et quatre nuits de course nous coupons la ligne en cinquième position !

(Photo Simon Barré lors de notre passage au Fastnet)

Une escalade très rapide des hostilités La montée vers le rocher a été une formidable bataille. Les premiers combats ont commencé dans le chenal du Four. Le talent de Quentin, très doué en tactique et navigation au contact, nous permet d’intégrer la tête de course. Dans le chenal du Four toute la flotte se met à tirer des bords au ras de la côte dans un vrai champ de mine pour se protéger du courant. Les premières victimes apparaissent : un concurrent touche un caillou et casse une dérive. La Bataille d’Angleterre Une traversée de la Manche plus tard, nous arrivons à Land’s End, toujours à vue de nos concurrent directs. Comme si la flotte de 50 Minis arrivée au petit matin avait pris par surprise et réveillé l’Angleterre, elle se vexa et le vent tomba complètement. Il fallut attendre que le courant se renverse pour passer l’Archipel des Scilly. Très à l’aise dans les tous petits airs, le 630 nous permet temporairement de rattraper et de faire jeu égal avec la tête de flotte. Au terme de la bataille d’Angleterre le peloton de tête tient alors dans un mouchoir de poche. Impressionnée par le niveau de jeu, la Perfide Albion change d’avis à notre égard. Elle nous offre pour s’excuser un vent stable et relativement soutenu qui nous permet de faire cap sur un seul bord vers sa vieille cousine : l’Irlande. Avec Quentin nous aurions préféré des petits airs plus longtemps mais en course au large on ne choisit pas toujours son champ de bataille. Le Duel irlandais

"Reporter de Guerre" - Duel 630/802 à l'approche du Fastnet Photo Sebastien Guillou à bord du bateau accompagnateur Téa

Comme un air de famille à l’approche des côtes irlandaises. A nouveau à la lutte contre un courant défavorable, nous entamons dans une brume épaisse et sous les falaises un combat en duel contre le 802 pour la quatrième place. A son bord : Grégoire Mouly (vainqueur du Mini Fastnet en 2013) et Clément Bouyssou, mon équipier l’année dernière sur la même course. Les anciens alliés deviennent les pires ennemis : il passe le Fastnet une centaine de mètres devant nous. Après trois jours de combats nous accusons alors tous les deux un retard de seulement une heure sur le premier concurrent. Bouquet final

Nous mettons le cap vers Douarnenez et glissons vite, très vite vers l’objectif. Nous chargeons le bateau avec le Code 5 et deux ris dans la Grand-Voile, la configuration la plus rapide du bord. Il ne faut plus faire dans la finesse mais faire parler la poudre. Le feu d’artifice durera presque 30 heures. Nous marchons pendant tout ce temps à plus de 11 nœuds de moyenne avec mêmes quelques étincelles à plus de 15 nœuds. Nous dormons très peu pour d’abord résister aux assauts des poursuivants et surtout rattraper nos adversaires. Au final nous parvenons à faire l’un mais pas l’autre. L’expérience et la force de frappe supérieure des bateaux devant nous auront raison de notre détermination. Nous coupons la ligne d’arrivée le lendemain en cinquième position.

Photo de Simon Jourdan à l'arrivée de la course

Un tandem de choc

Les équipages des 630 et 802 à l'arrivée au ponton Photo Simon Jourdan

Avec Quentin nous sommes absolument ravis de notre course. L’objectif est rempli : nous avons mené le bateau le mieux possible et navigué au contact des premiers pendant les trois quarts de la course. Le tandem a très bien marché. Nous avons profité de cette course pour échanger nos bons procédés, tous les deux dans l’optique d’une progression vers la Mini Transat dont le départ sera donné dans moins de trois mois désormais.

Une bonne épreuve pour le bateau Si la Mini Transat se court en solitaire, les courses en double sont néanmoins une très bonne épreuve et un exercice intéressant. Elles permettent de pousser les bateaux plus près de leurs limites tout en permettant de mieux gérer les problèmes le cas échéant. Il en résulte quelques ajouts sur la liste des choses à faire sur le bateau, mais qui sont autant de réparations que d’améliorations à apporter à la formidable machine qu’est le 630. Prochaine course : La Transgascogne ! Une fois de plus je ne vais pas m’ennuyer d’ici la prochaine course : ce sera la Transgascogne dont le départ sera donné le 26 juillet à port Bourgenay. Au programme : un aller-retour (avec escale cette fois) vers Luanco, en Espagne. Espérons que les plages et le soleil espagnols soient plus accueillants que la brume et les falaises irlandaises !