PLM 6.50 - Du bon (et du beaucoup moins bon)


Résultat final très décevant pour cette première course de la saison : Guillaume et moi finissons 14emes du classement des bateaux de série - bien en deçà de nos ambitions initiales. Assurément le résultat ne reflète pas les 48 longues heures passées à essayer de faire avancer le bateau sans vent, parfois contre les courants de marées et toujours dans une houle qui faisait claquer les voiles à chaque vague. Comme l’ensemble des concurrents de cette course, on en a bien bavé! Un premier accident sauvé de justesse

A l'attaque le long de Groix peu après le départ

Nous prenons un bon départ et finissons le tour de Groix en 7ème position. Cap ensuite vers les Glénan. Nous osons un décalage au Nord pour attraper un couloir de vent le long de la côte. Tout à coup le vent de Sud-Est tourne de 90 degrés au Sud Ouest - nous nous retrouvons quasiment derniers, sous le vent de toute la flotte. Une catastrophe! Premier retournement de situation et premier enseignement de la course : pas de décalages inutiles : rester proche de la route directe! Un front passe sur la flotte alors que nous continuons notre route vers la pointe de Penmarc'h (NDR : prononcer “Pain marre”). Un timing opportun de virement de bord nous permet d’exploiter la bascule du vent à gauche : nous rattrapons presque tout notre retard et virons la pointe de Penmarc'h en 3ème position. Le moral à bord remonte en flèche. Deuxième retournement de situation et deuxieme enseignement : rien, RIEN n’est jamais fini tant que la ligne d’arrivée n’est pas passée! Le piège Belle-Ilois Nous maintenons la bonne dynamique de la soirée toute la nuit, alors que nous glissons sous spi vers Groix. A l’approche de Belle île nous sommes même en deuxième position, exactement sur la route directe et confiants : le concurrent le plus proche est Pierre (925), partenaire d'entraînement et météorologue professionnel. S’il y en a bien un qui peut comprendre ce qu’il se passe, c’est lui!

(Avant) Lorsque tout allait encore très bien : nous sommes en tête du peloton des poursuivants du 903, parti en flèche et lui-aussi rattrapé in fine.

Malheureusement le vent tombe soudainement et change de direction. Du Nord-Ouest il passe au Nord-Est. Cela nous empêche d'aller nous abriter au ras de la côte de Belle-Ile des courants contraires prévus dans la nuit - à moins de tirer un bord vers le Nord et nous retrouver en queue de peloton. Nous prenons donc le risque de doubler la mise et de continuer au large. En fait, nous espérions compenser le courant adverse en touchant suffisamment plus de vent que nos camarades le long de la côte (car abrités par les falaises de Belle-Ile). Et bien non! Pari perdu : une grosse partie de la flotte nous "fait l'intérieur" pendant la nuit.

(Après) Coincé dans notre option au large, nous n'avons pu que compter les bateaux qui nous on fait l'intérieur

Si rien n'est jamais fini tant que la ligne d'arrivée n'est pas passée (cf enseignement #2 plus haut), force nous fut de constater qu'après Belle-Ile il n'eut aucune possibilité de rattraper notre retard. Nous doublons tout de même un bateau dans la dernière minute avant le passage de ligne grâce à une nouvelle bascule de vent : maigre consolation pour une dernière journée cauchemardesque! Prochaine course : la Mini en Mai En résumé, vous l’aurez compris : résultat sportif est très décevant mais tout n’est pas pour autant à jeter. Il y a du positif : le 905 et moi-même gardons la tête haute pour les courses à venir. La prochaine épreuve de la saison sera d'ailleurs la Mini en Mai - départ le 22 mai de La Trinité sur Mer. Il s’agira d’une boucle de 500 milles (4 jours) en solitaire : il va falloir assurer!

"Bon la prochaine fois je te préviens, c'est moi qui gère nos options météos"


© 2020 Nicolas d'Estais

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