© 2020 Nicolas d'Estais

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Mini Fastnet - Le 905 sixième au terme d'une course à suspense !


Quel suspense! Après un aller-retour en Irlande de 4 jours nous coupons la ligne d'arrivée à Douarnenez en 6e position sur 51 concurrents, à 1 et 2 minutes des 5e et 4e

Un super résultat qui met en confiance pour la grande course de cet été : l'aller-retour aux Açores en solitaire!

Un départ sur les chapeaux de roue Tout avait pourtant super bien commencé. Sur les premières heures de course nous réalisons avec Rémi un quasi sans-faute en terme de stratégie : nous utilisons bien les effets de site de la Baie de Douarnenez en louvoyant d'abord sur la gauche du plan d'eau puis en allant virer au plus près du cap de la Chèvre. A la sortie du chenal du Four, au coucher de soleil, nous doublons l'ile d'Ouessant en premier!​

A la bagarre dans la baie de Douarnenez Photos Simon Jourdan (merci!)

Malheureusement cela ne dure pas et 4 bateaux nous passent devant pendant la traversée de la Manche (encore une histoire de voile!). A l'arrivée en Cornouailles le vent tombe complètement. Mécaniquement la flotte de derrière nous revient dessus - et de la même manière nous revenons sur les 4 bateaux de tête. Nous ne parvenons pas pour autant à les dépasser, ils touchent donc le nouveau vent de Nord Est en premier et conservent leur avantage. The Celtic Spoon Je profite notre proximité des côtes pour demander par VHF une météo aux gardes côtes anglais. Ils confirment ce qu'annonçaient les fichiers en partant : le vent de Nord Est doit passer à l'Est. Faire route tout droit vers l'Irlande (cap au Nord Ouest) c'est donc s'exposer au risque de devoir tirer des bords de vent arrière en y arrivant. Avec Rémi nous choisissons donc de faire cap à l'Ouest (et donc plutôt vers New-York que vers l'Irlande!) pour essayer de faire toute la traversée de la mer celtique avec mon spi (tout neuf!) et d'accompagner progressivement la rotation du vent à droite.

Le principe de la cuillère : accepter de faire plus de route que la ligne droite à la condition d'aller suffisamment plus vite - la plupart du temps en naviguant à une allure plus véloce (ici, sous spi). C'est comme le coup du berger aux échecs sauf que ça n'a rien à voir.

Bingo! Avec les 3 concurrents qui nous accompagnent dans notre option, notre "cuillère" (terme technique) fonctionne parfaitement et nous permet de creuser un vrai écart par rapport au reste de la flotte derrière nous. En revanche, les 4 bateaux de tête ont eu la même idée et nous ne rattraperons aucun retard sur eux sur ce tronçon! Pendant ce bout de traversée, tous les mammifères la mer d'Irlande sont venus nous rendre visite. Des meutes entières de plusieurs dizaines de dauphins magnifiques (bleus et gris clair au lieu de tout gris en Bretagne) venaient jouer parfois plusieurs dizaines de minutes avec le bateau, jour et nuit (la nuit : sillons de planctons phosphorescents en bonus). J'ai également vu pour la première fois un énorme dauphin de plus de 3 mètres et pour la deuxième fois une baleine (la première c'était sur la Mini Transat!). J'ai un peu joué avec le premier mais croyez-moi je me suis promptement écarté du chemin de la deuxième!

J'ignore si c'est un phénomène lié au solstice d'été, mais le soleil nous a également régalé. J'ai rarement vu des ciels aussi beaux! Merci à Camille Croguennec pour cette photo prise d'un des bateaux accompagnateurs de la course

Deux jours et deux nuits après le départ nous virons le phare du Fastnet en 5eme position. Nous pointons l'étrave vers la Bretagne et sortons les 2 canettes de Guinness prévues pour l'occasion.

Un bord de près retour de 280 milles

En bateau comme au ski, il n'y a pas de descente sans remontée. Après 48h de vents portants, pour retourner en Bretagne, c'est un long bord de près de preque 40 heures qui nous attend, contre le vent et les vagues. Avec Rémi nous entrons donc dans un rythme de quarts de 40 minutes chacun (grand luxe par rapport au solitaire où les siestes ne durent que 10 à 15 minutes!) où nous alternons entre couchette et poste de barre. La vie à bord n'est pas pour autant un long fleuve tranquille! Il faut en permanence réguler la position du chariot de Grand Voile en fonction des rafales de vent et ajuster les réglages de la voile d'avant en fonction de la force de vent moyen et l'état de la mer.

Quel match! Nous naviguons à vue avec les mêmes bateaux pendant 2 jours et une nuit entière. De l'utilité d'avoir un maître voilier à bord en la personne de Rémi, expert ès réglages : nous distançons 2 de nos 3 camarades de peloton et avec l'autre nous rattrapons et doublons le 4e.

Finish sous haute-tension Au moment où nous rentrons dans la baie de Douarnenez, nous sommes 5e, bord à bord avec 2 bateaux, quasiment 4 jours après le départ!

Sur les derniers milles, nous attaquons le premier des 3 bateaux en laissant le troisième un peu trop tranquille. Celui-ci en profite en choisissant une option osée et à l'opposé de la notre et cela marche! Il nous double tous les deux in extremis et finit 4e, tandis que nous talonnons notre adversaire direct sans parvenir à le doubler. Ils finissent 1 et 2 minutes avant nous! Nous terminons à une amère 6e place - mais cela reste un super résultat! Cap sur les Açores !

C'était la dernière course d'avant saison de l'année, place désormais aux choses sérieuses. La prochaine course sera Les Sables - les Acores - Les Sables, une course en solitaire et en 2 étapes entre les Sables d'Olonne et l'archipel des Açores.

Si on ne traverse pas l'Atlantique en entier comme sur la Mini, on traverse presque un demi-Atlantique deux fois : ça reste un gros morceau! Rassurez-vous, j'ai donc posé 3 semaines de vacances pour préparer cela au mieux pour partir dans les meilleures conditions.

Le départ sera donné le dimanche 22 juillet, cela va néanmoins arriver très vite!

A très bientôt pour de nouvelles aventures, donc :)

Nicolas

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PS - Quelques messages de service (dans le désordre) 1) Un grand bravo à mon grand frère Thomas qui, en bouclant son premier Mini Fastnet engrange 600 précieux milles supplémentaires pour sa qualification à la Mini Transat 2019. Il finit 35e à bord d'un bateau d'ancienne génération : un super résultat, bravo! 2) Certains d'entre vous ont fait le déplacement pour venir m'encourager sur les pontons du départ : Christine & Detlev, Marguerite & Gérard & Béatrice et surtout ma maman (tout juste atterrie de Corée) et mon petit frère Victor (le non-ministe) : un grand merci! 3) Mention spéciale à mon super Papi, qui à presque 85 ans a fait 4 heures de voiture pour être là au départ ET à l'arrivée où il a, à lui tout seul, assuré le comité d'accueil de ses 2 petits fils!

4) Connaissez-vous le secret pour une bonne vitesse? Une carène nettoyée le matin même du départ! Merci Mic pour la baignade dans le port ;) - baignade non-forcée, je précise!

5) Et enfin, concernant la RGPD : j'avoue ne pas avoir tout suivi (et/ou compris) mais sachez que vous êtes un peu plus de 150 à recevoir cette newsletter et qu'une communauté de super followers comme vous ça ne se partage avec personne! Vos données sont donc bien gardées (pas sous mon oreiller, mais c'est tout comme)