© 2020 Nicolas d'Estais

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Sables-Açores-Sables : 3eme sur l'étape retour ... et 3eme au général !!


"C'est au retour aux Sables d'Olonne qu'on comptera les points et pas avant" vous écrivais-je d'Horta. Pourquoi ? Déjà parce que c'est rassurant quand on est treizième au classement provisoire mais aussi parce que les SAS sont une course au temps (classement général par addition des temps sur chaque étape) : c'était une erreur que de penser qu'à mi-parcours la moitié du classement était joué. Rien n'était fait, la preuve !

J'ignorais complètement mon classement les derniers jours, c'est sur la ligne d'arrivée qu'on m'apprend que je suis 3e avec environ 12h d'avance sur mon poursuivant et 24h d'avance (!) sur l'ancien 3e du classement provisoire. En plus du podium d'étape, j'emporte donc la 3e place du classement général!

Pendant quasiment 7 jours, de la ligne de départ à la ligne d'arrivée, j'ai absolument tout, TOUT donné. Alors que la météo s'annonçait plutôt clémente, nous avons finalement eu droit à une véritable étape de "poney", tout au portant avec 4 jours dans du vent fort (>20nds, force 5 Beaufort) et dans une mer désordonnée. Cela m'allait bien, car ce sont là des conditions que j'apprécie - relativement à mes concurrents (je précise, car dans l'absolu ça n'a pas été une partie de plaisir, loin de là!). Une course où cela allait partir par devant

A l'inverse de la première étape, la situation météo nous a réservé peu de surprises. L'objectif était de faire du Nord pour s'extraire de l'Anticyclone des Açores et aller trouver un front pour faire du portant jusqu'à la maison : des conditions idéales! Un seul piège : l'anticyclone des Açores devait ensuite s'étirer et rattraper la flotte par l'arrière. Conséquence : nous savons au départ que cela va partir par devant car les premiers, qui vont toucher le front avant les autres, vont s'envoler et les derniers, qui vont se faire rattraper en premier par l'anticyclone, vont s'arrêter avant les premiers. Il ne faut donc surtout pas traîner en route ! ​

La route était assez simple : uniquement 3 empannages à réaliser au bon moment. La clé du succès : aller vite! Il fallait à tout prix échapper à une dorsale (zone sans vent) qui rattrapait la flotte par l'arrière

A l'attaque dès le début de course Dès le début, donc j'attaque. Ne sachant pas bien quelle voile envoyer (de mon grand spi tout neuf ou du gennaker, plus petit et plus maniable) je pars avec les 2 ! "Si le grand spi ne passe pas, je l'affalerai en catastrophe et je déroulerai le gennaker" me dis-je. Quelques instants plus tard je passe la ligne de départ moins de 5 secondes après le signal départ (du jamais vu pour moi), lancé à fond sous spi! ​

"A l'attaque !" Petite précision suite aux commentaires de certains : il ne devait pas y avoir de photographe sur la ligne de départ (le départ a été retardé d'un jour et Christophe Breschi le photographe de course n'a pas pu décaler son avion) d'où la présence du bob blanc sur ma tête. Pour des raisons de style, il m'est normalement interdit par Victoire près des côtes

La première journée je tente une option un peu risquée en restant bien à droite de la flotte en sortie d'Archipel (le risque est de se faire coincer dans un dévent d'île) afin de toucher du vent plus à droite et faire un meilleur cap ensuite vers le Nord. Cela semble payer au début mais je suis finalement un peu trop gourmand! ​

En bonne position en sortie de l'archipel, je me retrouve un peu en retard sur les premiers après l'empannage que je réalise un peu trop tard (entre 1 ou 2 h, je pense)

Sur une étape musclée comme celle-ci la casse matérielle fait partie intégrante du jeu. Je n'ai pas été épargné, et mes ennuis commencent d'ailleurs dès la ligne de départ, où je déchire très légèrement mon grand spi en l'envoyant. Je peux heureusement le réparer la première nuit pendant que nous sortons de l'Archipel sous gennaker. Heureusement la réparation tiendra par la suite. Etre privé d'une voile, c'est très facilement 1 à 3 noeuds de déficit de vitesse - imaginez être sur l'autoroute sans pouvoir passer la 5eme! Cette déchirure était un bon rappel à l'ordre : en course au large un petit souci technique peut venir tout gâcher. Pour être devant il faut bien "bourriner" (parfois bien au-delà du raisonnable) mais toujours du bon côté de la limite. C'est tout là l'âme de notre sport! Le lendemain du départ nous faisons donc route vers le Nord, vers le front qui va nous ramener à la maison. Le vent monte et la plupart des concurrents passent sous spi medium. Pour ma part, je prends le risque de garder le grand spi malgré la réparation : je veux a tout prix rattraper mon retard sur les premiers, sinon ils vont s'échapper! Le deuxième jour j'arrive enfin à revenir au contact de Sébastien (909) et Amélie (944), au prix de nombreuses heures à la barre et de pas mal de départs au lof (sortie de route en dérapage non contrôlé). Je suis assez fatigué alors que mon plan était plutôt de me reposer le plus possible pendant ce bord vers le Nord, avant le que le front n'arrive et que le vent monte vraiment. Content d'avoir recollé aux premiers je réduis donc la voilure et passe enfin sous spi medium pour pouvoir lâcher la barre. J'en profite pour enchaîner quelques petites siestes. Rencontre improbable avec un poisson lune ! Soudain je me fais réveiller par un énorme choc. Je suis violemment projeté et me réveille cogné contre la cloison de mât, à quasiment 2 mètres de ce qui fait office de couchette. Mon gennaker, matossé derrière moi se retrouve contre la crashbox, tout à l'avant du bateau. Je regarde le speedo : le bateau qui faisait tranquillement route à 10 noeuds est arrêté à 2.5 noeuds. J'envisage le pire. "Et ben je crois que la course est terminée" me dis-je en me précipitant dehors. En premier je vérifie que le mât est toujours là. C'est le cas. Je vérifie ensuite les safrans, intacts aussi. Je vois dans l'eau des bouts de chair. C'est donc la quille qui a tapé quelque chose, surement un requin ou une baleine. J'affale le spi en catastrophe et retourne à l'intérieur vérifier qu'il n'y a pas de fissures ou de voie d'eau. Rien à signaler. Pourtant le bateau n'avance pas et je n'arrive pas à le manoeuvrer (les safrans ne font pas tourner les bateau). J'attrape donc ma caméra et filme sous l'eau. J'ai peur pour le voile de quille qui a pu se déformer ou se casser sous le choc. Finalement je vois que la quille est intacte, que c'est en fait un énorme poisson lune qui est coincé juste au-dessus du bulbe. "Je ne sais pas si c'est toi qui est chez moi ou bien moi chez toi, mais il va falloir faire quelque chose!". Je fais une marche arrière face au vent et il arrive à se libérer. Je re-hisse aussitôt le spi et retourne à l'intérieur et re-matosser tout à l'arrière comme c'était. Que d'énergie perdue! Je regarde à l'AIS (radar faible portée) : Sébastien et Amélie m'ont recollé 5 milles. Une demi-journée entière passée à la barre ... pour rien! La pression diminue au baromètre, le front n'est plus loin. Nous empannons vers l'Est et j'accuse toujours du retard sur les premiers, notamment à cause de ce foutu poisson-lune. En plus je commence à sérieusement fatiguer. Je n'ai pas pu me reposer assez depuis la sortie des îles et la fatigue accumulée sur la première étape se fait sentir... Bref ce n'est pas la joie à bord! Une course de "poney" Le vent continue de monter au fur et à mesure que le front se rapproche : d'abord 20 puis 25 noeuds... C'est dans le vent fort que les écarts se créent. D'après les prévisions cela va durer un peu plus d'un jour, c'est ici que la course se joue, tant pis si je suis fatigué, c'est maintenant qu'il faut être bon, après ça sera trop tard! Je sors les deux bouteilles d'eau remplies et accessibles qu'il me reste (dans ces conditions les bidons d'eau sont matossés au fin fond du bateau, tout à l'arrière) et 1 sac journalier de nourriture dans le cockpit. Je m'installe à la barre, c'est parti pour 24 heures de "poney"! Dans ces conditions, le Pogo 3 est extrêmement véloce (nous faisons route quasiment tout le temps à 10 noeuds) mais inhumain en terme de vie à bord. A chaque vague le bateau plante et un véritable torrent dévale le pont et vient se vider dans le cockpit en arrosant abondamment le skipper sur son passage. Tout sur le bateau finit par être trempé, intérieur et extérieur, sans exception. Je passe presque 24h accroché à la barre, car mettre le pilote c'est aller au moins 1 noeud moins vite en moyenne. Seul réconfort : savoir que grâce à mon équipement haut de gamme Ursuit (mon partenaire depuis 2015) je suis plus au sec que la plupart de mes concurrents! Dans un départ au lof, j'entends un "TAK" à l'arrière du bateau. C'est la vis qui relie le système de barre au safran qui a lâché, bien que changée à l'escale à Horta. Cela faisait tout de même partie des pépins à forte probabilité, je sors donc immédiatement la caisse à outils et la vis de rechange prévue à cet effet pour la remplacer. Ouf, en moins de 5 minutes ça repart! 24 heures plus tard le front nous est passé dessus. La pression remonte et le vent a légèrement basculé du Sud-Ouest à l'Ouest-Nord-Ouest et nous empannons donc logiquement pour faire route au Nord-Est. Tous, nous attendons que le vent mollisse pour pouvoir lâcher la barre et aller dormir. Seulement le vent ne mollit pas. Pire, dans les grains il accélère et monte souvent au-delà des 25 noeuds. On ne le sait pas encore, mais cela va durer comme ça près de 3 jours! Ce ne sont pas des conditions confortables, mais je me réjouis de ce qui nous arrive car le portant dans du vent fort favorise les marins expérimentés. Sachez qu'en fait, suite à la Mini Transat 2015, j'ai du haut de mes 26 ans un peu plus d'expérience que la plupart de mes concurrents ! - hormis bien-sûr Ambrogio (943) et Valentin (903) J'entends des conversations à la VHF où certains concurrents commencent à parler et se plaignent des conditions, disent qu'ils sont mouillés, qu'ils ont hâte que le vent mollisse. Je me réjouis de ce que j'entends : "Ca craque, ça craque, c'est bon ça! Allez Nico!" crie-je dans la nuit noire. Un peu plus tard, un concurrent m'appelle pour me demander si tout va bien. Je réponds que oui tout va bien et qu'à vrai dire j'adore ces conditions - alors que malgré tout je suis épuisé comme lui ! C'est de bonne guerre (psychologique), n'est-ce pas ? En fait, pendant ces 3 jours je n'ai dormi que le strict minimum pour garder un peu de lucidité. Je dors comme d'habitude par siestes de 20 minutes mais la plupart des siestes se terminent par un violent départ au lof, bien avant que le réveil ne sonne et parfois avant même que je n'arrive à m'endormir. Je dors d'ailleurs tout habillé (et donc tout mouillé) pour pouvoir sortir le plus rapidement possible rétablir la situation et reprendre la barre. Pendant les 24h suivantes je suis même le plus rapide de la flotte des bateaux de série : je parcours 270 milles (soit 1/5 du parcours) en 24h, à la vitesse moyenne de 11.3 noeuds. C'est seulement 7 milles de moins que le record absolu détenu par Julien Pulvé depuis 2015 (11.5 noeuds de moyenne). Quand je vous dis que j'ai tout donné, je pense honnêtement que je n'aurais pas pu aller plus vite! De 6eme je passe à 2eme. Avec Felix, nous faisons le break sur nos poursuivants. Ils seront ensuite rattrapés par la dorsale avant nous, si bien que nous ne les reverrons plus jusqu'aux Sables d'Olonne. Des soucis de système de barre sur la fin de course Quatre jours sur le même bord à plus de 10 noeuds, cela fatigue homme et bateau, même quand il est fait pour ça (le bateau, pas l'homme). Dans ces conditions, le pilote force considérablement sur les safrans et donne des grands coups de barre. Cela ralentit mais c'est la seule manière d'aller à peu près droit et de pouvoir dormir à moitié sereinement lorsque le bateau part dans des surfs à 14 noeuds et que vous êtes recroquevillés contre tout le matériel à l'arrière, au fond, à l'intérieur du bateau. Alors que j'avais renforcé l'installation exprès l'hiver dernier, 3 des 4 vis de 8mm qui relient le pilote automatique à la barre cassent les unes après les autres. Evidemment je ne m'en rends compte qu'au bout de la troisième, car tant qu'il y en a deux, le pilote tourne avec la barre. Par chance, les vis ont cassé net et je peux les extraire de la pièce traversant le pont. En revanche je n'ai pas de vis de rechange : elles sont trop longues et cela ne devait vraiment pas casser! Par miracle la pièce qui traverse le pont et à travers laquelle passe les vis est filetée. Je peux donc enfiler 2 nouvelles vis par l'intérieur et 2 nouvelles vis par l’extérieur. Je suis bien obligé de m'arrêter pour faire tout cela. Coût de l'opération : 30 minutes (dont 10 passées à vider les quelque 100 litres d'eau entrées par la trappe du tableau arrière. Avis aux intéressés : on ne bricole pas trappe ouverte dans 20 noeuds de vent et par 2m de creux!). Evidemment, Félix ne m'a pas attendu et quand enfin je reprends ma route je ne peux constater qu'il m'a doublé, il est désormais 5 milles devant! Grrr... Tant que la ligne d'arrivée n'est pas passée, rien n'est fait... La preuve : 24h plus tard alors que je ne suis plus qu'à 140 milles de l'arrivée les vis cassent de nouveau, ce qui me prive de nouveau de pilote. J'installe le vérin extérieur de secours, bien moins performant mais au moins je pourrai dormir! Pendant la manipulation, que j'avais pourtant faite au port sans soucis, toute l'installation électronique se met en rideau avec 3 messages d'erreur différents. Pendant ce temps Félix continue sa route, si bien que je perds son signal à l'AIS. Il est donc à plus de 15 milles devant, et aux dernières nouvelles il avançait à plus de 8 noeuds. Et moi je suis arrêté sans pilote et sans instruments... On reste calme, pas de panique! Je débranche tous les capteurs qui pourraient être la source de la panne, le récepteur de la télécommande du pilote et le deuxième écran de l'installation. Je redémarre, cela fonctionne. J'initialise le vérin, cela fonctionne. Epuisé, je ne cherche même pas à comprendre. J'enclenche le vérin et m'octroie immédiatement une sieste bien méritée - déjà, cela sera toujours du sommeil de pris si ça re-casse avant l'arrivée! Pas de chance pour vous qui me suiviez, j'ai fait mon arrêt au stand pile à l'heure du pointage. Vous m'avez donc vu à 1 noeud sur la carto pendant 3 heures, désolé pour tout le souci causé! Quelle(s) surprise(s) à l'arrivée ! Le vent commence à mollir progressivement alors que nous ne sommes plus qu'à 70 milles de l'arrivée. Je peux enfin me reposer, je commençais sérieusement à être à bout. Le vent mollit un peu trop même, car à 20 milles de l'arrivée il tombe complètement. Quelle frustration! Plus moyen de dormir, pas plus que dans le vent fort, car le vent n'arrête pas de changer de direction! Je me bats pour parcourir les derniers milles. Il n'y a plus du tout de vent, et le bateau peine à avancer à plus de 2 noeuds dans une brume épaisse. A 5 milles de l'arrivée je commence à voir des bateaux de croisière, des pêcheurs mais toujours pas de terre en vue (!)

A la lutte dans les petits airs devant les Sables d'Olonne

En fin de matinée le brouillard se lève et d'un coup laisse apparaître les Sables d'Olonne, je suis en fait quasiment devant le port! Un zodiac vient vers moi. Qui vois-je à son bord? Mon frère, mon père et Victoire. Aucun des trois ne devait être là à l'arrivée!

Quand j'ai vu le comité d'accueil avec copine, père et frère (alors qu'aucun ne devait être présent à l'arrivée) je me suis dit que ça sentait plutôt bon!

On me confirme que je suis troisième! Quel soulagement! Je demande aussitôt ce que cela donne pour le classement général et on m'informe qu'a priori c'est bon également. Je lève haut les mains, je suis tellement heureux et fier de ce que j'ai fait! ​

Plus que sur toute autre course, j'ai vraiment le sentiment d'avoir tout donné. J'étais tout simplement épuisé à l'arrivée. Jimmy aussi!

La voile est bien un sport mécanique La casse matérielle touche tout le monde et de manière aléatoire, comme la panne de mon aérien sur la première étape. Sur l'étape retour je m'en sors à peu près malgré mes soucis et ce n'est malheureusement pas le cas de tous mes concurrents. Sébastien (909) a lui aussi déchiré son grand spi sans pouvoir le réparer, Amélie (944, 3e de la première étape) a elle aussi cassé la vis qui tient le safran mais n'a pu la changer et a fini la course sur une seule patte. Comme moi, Valentin (903, 4e de la première étape) et Mathieu (947) ont eux aussi souffert de bugs électroniques mais sans pouvoir y remédier et ont fait une bonne partie de la course respectivement sous pilote de rechange et sans pilote du tout (!). A noter également que le roi Ambrogio (943), lui, finit de nouveau l'étape premier avec 11 heures d'avance sur Félix, le 2e, malgré la déchirure de son spi médium dès le troisième jour, une vraie star!

Ambrogio (en bleu) a survolé le circuit en remportant 5 victoires en 5 courses cette année. Le plus énervant c'est qu'il est super sympa! A gauche, mon ami Félix, deuxième des deux étapes et logique deuxième au général. C'est sa première saison en mini et première grande course au large : c'est dire s'il est talentueux!

Bilan en chiffres Attention, c'est sans filtre, âmes sensibles s'abstenir! L'étape retour, cela aura été : Navigation

# 1420 milles nautiques (2290 km) parcourus en 6 jours et 16 heures, à la vitesse moyenne de 8.9 noeuds (16.5km/h, avis aux moins initiés : c'est en fait beaucoup!) # 17.6 noeuds de vitesse de pointe # ~60 départs au lof (estimation : un peu moins de un par heure pendant 4 jours) # ~3 ou 4 heures de sommeil par jour (estimation : une douzaine de siestes de 20 minutes par 24h) Alimentation # 8 litres d'eau consommés (dont 3 le premier jour) # 3 sacs et demi de nourriture journaliers consommés sur les 10 embarqués # 4 plats chauds avalés pendant l'étape (le reste c'est de la viande séchée, des graines, des PomPotes, des fruits secs et des Bountys) # Sans surprise : 3 kgs perdus sur les 2 étapes de la course (!) Hygiène (ou manque de...) # 4 jours dans ma combinaison sèche, sans l'enlever ou l'ouvrir # 1 haut de rechange utilisé et rien d'autre (même caleçon et short au départ et à l'arrivée, sans commentaire) # 2 cloques taille disque compact sur les fesses découvertes à l'arrivée (à force de barrer 20 heures par jour dans l'humidité permanente) avec la peau qui s'enlève et tout et tout... # 2 passages sur le seau pour "se laver les mains" comme on dit (c'était globalement pas très pratique dans les conditions rencontrées) # 2 brossages de dents, effectués d'affilée devant la ligne d'arrivée par politesse pour les gens venus m'accueillir - aucun pendant les 6 premiers jours

La dernière page du briefing que m'a envoyé mon ami et coach particulier Tanguy Le Turquais. "Fais sortir l'animal qu'il y a en toi" : je n'ai fait qu'appliquer les consignes!

Et maintenant ? Du repos, du repos et encore du repos - avant de retourner au travail dès lundi! Oui, ca va être un peu difficile... Je n'ai pas encore décidé si je poursuivais le projet la saison prochaine jusqu'à la Mini Transat 2019. Le rythme cette année a été effréné avec globalement un travail assez prenant la semaine, la quasi totalité des weekends passés à s’entraîner ou bricoler sur le bateau à Lorient et 100% de mes vacances consacrées aux courses, où comme vous l'avez vu, on ne se repose pas vraiment... Une chose est sûre je suis super content de ma saison : après un accident sur la première course de la saison (14eme), j'ai corrigé le tir en terminant 3eme de la Mini en Mai et 6eme du Mini Fastnet. Je termine par une super 3eme place sur les Sables les Açores, c'est au delà de ce que je pouvais espérer compte tenu du fait que je fonctionne en fonds propres du peu de temps libre que j'ai. Il faut savoir que la plupart de mes concurrents directs sont à temps plein sur leurs projets, voire sponsorisés pour certains! Un grand grand merci à tous pour m'avoir suivi cette année, a priori je vais arrêter de vous spammer pour un petit moment, au moins jusqu'à l'année prochaine. Si jamais je décide de revendre le bateau pour faire une petite pause, restez quand même connectés et à l'écoute de ce canal : il y aura peut-être d'autres projets nautiques à venir, en mini ou bien sur des bateaux plus grands! A bientôt, bon vent ! Nicolas