© 2020 Nicolas d'Estais

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Sables-Açores-Sables : Mi-temps à Horta


Après 12 jours de mer, je suis enfin arrivé aux Açores au terme d'une course éprouvante - de loin la plus difficile que j'ai pu faire en Mini depuis 2014. Au classement provisoire je suis 13e : c'est très décevant mais rien n'est joué! Je vais tout donner sur l'étape retour dont le départ sera donné demain à 19h00 (heure française) Quelle aventure ! Clémente au début, la météo s'est rapidement dégradée. Pendant les 7 jours entre le Cap Finisterre jusqu'à l'approche des Açores nous avons traversé 4 fronts dépressionnaires avec des vents de face si bien que nous avons presque tout fait au près, sans jamais pouvoir faire cap vers les Açores. Croyez-moi, du premier au dernier nous étions tous très contents d'arriver! Une course prometteuse

Au taquet peu après le départ des Sables, à tribord le gennaker et à babord le spi sont prêts à être envoyés dès que nécessaire (Crédit Photos Christophe Breschi)

Dès le début de course j'ai réussi à me placer aux avant-postes grâce à l'aide précieuse de mon copain Tanguy le Turquais (NDR : à suivre de près sur la course du Figaro à partir du 26 août!). Pendant les 3 premiers jours je ne fais que dérouler le plan élaboré ensemble avant le départ. A l'arrivée en Espagne je croise juste derrière Ambrogio (futur vainqueur d'étape) et suis en tête du peloton des concurrents directs. Jusque là tout allait bien!

Pour repérer les algues dans la quille (une plaie!), pas beaucoup d'autres solutions que de plonger une caméra sous l'eau (Crédit Photo Christophe Breschi)

Alors que je me préparais à une route nord pour négocier au mieux les passages de fronts successifs, les bulletins météo de la direction de course se dégradent et annoncent des rafales de vent très fortes et de face (45 noeuds / 80 km/h) dans la partie nord du parcours. J'entends à la VHF les concurrents du peloton qui décident d'assurer le coup en faisant cap vers le sud (une route à l'envers par rapport à la route optimale) pour échapper aux vents les plus forts. Je prends à ce moment là la décision de partir avec eux, alors qu'avec le recul je pense que j'aurais dû poursuivre ma route au nord.

Quand la météo nous annonce des vents à 45 noeuds au nord

Jusqu'aux Açores je navigue donc en peloton avec un groupe d'une dizaine de concurrents. Ce n'est pas la route optimale mais cela permet d'avoir des prévisions météo fiables (en recoupant entre nous ce qu'on a pu capter à la radio), de pouvoir se comparer en vitesse et parfois de rigoler un peu à la radio. La route sud permet aussi de minimiser aussi les chances d'abandon, ce qui n'est pas négligeable. J'en profite pour placer un mot de soutien à mon ami Victor Turpin (850) qui a dû se dérouter vers Porto suite à la casse de ses dérives et à Pierre Moizan qui m'avait racheté mon ancien bateau, le 630, et qui a dû l'abandonner en mer après avoir tapé un OFNI dans des conditions de vent et de mer musclées. Un finish difficile J'arrive à rester en tête du peloton jusqu'au dernier passage de front dépressionnaire où soudainement ma girouette électronique cesse de marcher. Je soupçonne un phénomène électrostatique bizarroïde (et donc aléatoire!) car ce n'est ni mécanique ni un problème de connexion. On verra bien ce que dit le SAV mais en attendant nous sommes 2 à ne pas pouvoir savoir précisément d'où vient le vient le vent et à quelle vitesse : moi et mon pilote automatique. Je ne peux donc plus retrouver aussi rapidement mes repères de réglages ni lui demander de barrer à un angle constant par rapport au vent pendant que je dors - deux désavantages terribles dans l'approche des Açores où le vent était très oscillant en force et en direction. Je n'ai donc pas su avancer aussi vite que mes concurrents sur la fin de parcours - j'ai vraiment eu l'impression de fonctionner en mode dégradé pendant les 4 derniers jours, c'était très frustrant!

12 jours de mer, ça laisse des traces! (Crédit Photo Christophe Breschi)

Rien n'est joué pour le retour Une journée de visite de Faïal, 2 jours de bricolage et 1 jour de repos aujourd'hui et ça repart déjà demain! Et oui, l'escale devait durer plus longtemps mais les conditions météos qu'on a rencontrées en ont voulu autrement...

Jimmy a aussi pleinement mérité un peu de repos...

Bien sûr je suis extrêmement déçu de mon classement provisoire mais rien n'est perdu car c'est au retour aux Sables d'Olonne qu'on comptera les points et pas avant. Si le roi Ambrogio compte 12 heures d'avance sur le 2e et semble intouchable sur la deuxième étape, je ne suis qu'à 5 heures du 2e et surtout qu'à 40 minutes du 5e. Le match reste entier et je ne vais rien lâcher! Grâce à l'aide d'un pote de pote qui prenait l'avion de France quelques heures après mon arrivée aux Açores je vais pouvoir repartir avec une girouette électronique toute neuve : je suis remonté à bloc et motivé comme jamais.

Sourire après avoir remplacé ma girouette defecteuse!

Merci à tous pour vos messages de soutien! A bientôt, Nicolas

Le clan 905 au départ des Sables : merci à tous et mention spéciale pour mon frère Thomas qui boucle en ce moment même son parcours de qualification pour la Mini Transat 2019!