© 2020 Nicolas d'Estais

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Transgascogne - 8ème à Laredo, pas d'étape retour pour le 905


Au terme de 2 jours de course acharnée pendant lesquels j’oscille entre la 3ème et la 5ème place je passe la ligne en 8ème position, mistoufle espagnole oblige, à 6 petites minutes seulement du 3ème. On va dire qu’on est donc sur un quasi-podium ;) Pour des raisons familiales je suis tristement contraint de renoncer à l’étape retour et donc au classement général. Qu’à cela ne tienne, je suis content de ma course et la dernière ligne droite avant la Mini est lancée. Croyez moi j’ai le couteau entre les dents !

Rappel : Des Sables d'Olonne nous devions aller faire le tour d'une bouée au large de l'Estuaire de la Loire avant de rejoindre Laredo, charmant port de la côte cantabrique

Un départ tonitruant (si si!)

(Photo Christophe Breschi) Le départ vu d'un drône !

Un peu en retard certes mais très bien placé pour la suite, je pars tout au vent de la ligne afin de ne pas être gêné par les dévents des camarades. Cela marche : à la première bouée je suis 3ème, du jamais vu pour moi cette saison ! Une super manière de rentrer dans la course et se d’engranger du mojo.

(Photo Christophe Breschi)

Devant moi à la première bouée, en 2e position, une certaine Violette Dorange (19 ans!) sur le 955. Véritable boule d'énergie et de talent, elle avait traversé la Manche en optimist à seulement 14 ans et a ensuite championné en dériveur à très haut niveau avant se mettre en tête de faire la Mini Transat. A mon avis elle ne s'arrêtera pas là et on n'a pas fini d'entendre parler d'elle!

En toute tête de la flotte à l’approche de l’Ile d’Yeu

Pris en flagrant délit par une amie au large de l'ile d'Yeu (à gauche le grand phare de la pointe nord-ouest). Merci Léa pour la photo, assez insolite de se croiser comme ça sur l'eau par hasard!

Match race Gascon Dans le demi-tour de la bouée SN1 (pour “Saint Nazaire 1”) au large de la Loire Violette (955), Ambroggio (943) et moi sommes stoppés par une bulle sans vent et un courant défavorable de plus en plus fort. Premier passage à niveau : Matthieu (947) qui a déjà passé la bouée s’envole vers le Sud. Derriere nous le peloton recolle et nous repartons quasiment en même temps de SN1. Grrr... Il faut maintenant glisser sous spi vers l’Espagne. Le jeu consiste à aller vite (comme souvent) et à jouer avec les oscillations de vent pour tirer les bons bords. L’affaire n’est pas mince car nous sommes coincés entre une dorsale à droite (ou le vent est moins fort mais mieux orienté) et une grosse zone orageuse sur notre chemin. Faire le tour ou ne la faire le tour, telle est la question. Malgré les coups de tonnerre réguliers (au début je pensais que c’est ma musique mais non) je prends la décision de ne pas dévier ma route. Je me retrouve rapidement bord à bord avec Amélie (944). Nous le savons pas encore mais nous allons passer les 24 heures prochaines heures à nous “tirer la bourre”. Un match race épuisant mais qui marche. Motivés mutuellement par l’autre, nous faisons le break avec les autres poursuivants pour occuper la 4e et 5e place.

Avec Amélie (944) en blanc sur la photo nous avons passé 24 heures bord à bord sans parvenir à distancer l'autre

On croit être tranquille pour le coucher de soleil et en puis en fait pas du tout!

Mistoufle et déception devant Laredo Avec Amélie nous arrivons en Espagne en fin de matinée. Non seulement le vent de Nord tamponne sur la côte montagneuse orientée Est-Ouest mais nous arrivons tout pile au moment de la transition entre le vent synoptique (lié à des différences de pression) et le vent thermique (lié aux différences de temperature au voisinage des côtes entre la mer et la terre). Bref c’est la “mistoufle” et nous nous retrouvons arrêtés (mais vraiment!) sans vraiment pouvoir y faire grand chose. Sur la vidéo ci-dessous je passe au ralenti derrière Amélie qui ne parvient même pas à pointer l’étrave du bateau dans la bonne direction (on ne se moque pas: j’ai fait la même quelques minutes plus tard hors caméra!)

Mistoufle (nom féminin, terme technique) : se dit d'une situation où l'absence de vent fait qu'il ne se passe pas grand chose mais où tout peut arriver. Exemples : "On était bien, sur la route à 10 noeuds et puis grosse mistoufle" ou "Tout notre groupe s'est fait emmistouflé sous un nuage"

À nous voir arrêtés au radar AIS (Automatic Identification System) le groupe des 5 poursuivants emmenés par Pierre Le Roy (925) météorologue de profession font tactiquement le tour de notre zone et nous dépassent quasiment devant la ligne d’arrivée.

Avant - Avec Amélie nous nous disputons la 4ème place dans la pétole quelques milles devant l'arrivée

Après - Le groupe de 5 derrière ne subit pas les mêmes calmes et nous rattrape !!

(Photo Christophe Breschi)

Légère déception à passer de 4ème à 8ème à quelques minutes de l'arrivée mais les 6 petites minutes qui me séparent du podium me consolent largement!

(Photos Christophe Breschi)

C'est serré ! Lauris (893) et Amélie (944) passent la ligne respectivement 48 secondes avant et 2mins14s après moi

"Le groupe vit bien" Comme l’escale aux Açores l’été dernier, les escales de course Mini sont toujours des moments très sympas. Une véritable colonie de vacances où a force de participer aux mêmes courses on finit par tous se connaître.

Colonisation d'une terrasse par 70 ministes assoiffés.

Sport de glisse inventé pour l'occasion : Dix ministes énervés tirant sur une corde permettent à un onzième ministe de surfer le swell du port de Laredo. Les autorités portuaires nous ont très rapidement rappelé à l'ordre et n'ont pas souhaité homologué la discipline.

Retour anticipé, abandon nécessaire sur la 2e étape

Mauvaise surprise à l'arrivée à Laredo, on nous apprend avec mon frère (qui a fait une super course : 5eme des bateaux d'ancienne génération et 27ème au général) un décès dans la famille. Nous avons donc pris la décision de rentrer en France à temps pour les funérailles et renoncer à l’étape retour. A vrai dire (vous suivez peut être comme moi la deuxième étape) j’ai un peu suivi la carto et ça ne donnait pas vraiment envie d’y être :)

En route pour la Mini Transat

Le retour prématuré en France n'efface pas la première étape : le bateau est 90% près, j'ai su entrer rapidement dans la course et démontré une super vitesse sous spi dans la descente du Golfe. Bref, l'objectif de cette Transgascogne était de se rassurer en solitaire après ma contre-performance à la "Mini en Mai" (9eme). Objectif rempli !

Ultime course de préparation avant la Mini Transat, la fin de la Transgascogne marque le début de la dernière ligne droite avant la Mini Transat, dont le départ sera donné le 22 septembre à La Rochelle. Au programme d’ici là : préparation du bateau, sport et repos (car oui, je suis en vacances après tout!)

Cette première étape était une véritable répétition générale pour la Mini Transat : il y avait même les baleines et les dauphins!

A très vite ! Nicolas